
Un film de Stanley Kubrick.
1957 / Etats-Unis / 88 mn / Noir et Blanc
Scénario : Stanley Kubrick, Jim Thompson, Calder Willingham
D'après l'oeuvre de : Humphrey Cobb (roman paru en 1935)
Directeur de la photographie : Georg Krause
Son : Martin Müller
Montage : Eva Kroll
Musique : Gerald Fried
Producteurs : Stanley Kubrick, Kirk Douglas, James B. Harris
Production : United Artists, Harris-Kubrick Productions, Bryna Productions
Distributeur France : Ciné Classic (salles) / Carlotta Films (reprise)
Avec : Kirk Douglas, Ralph Meeker, Adolphe Menjou, George MacReady, Wayne Morris, Richard Anderson, ...
Synopsis : En 1916, durant la Première Guerre mondiale, le général français Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, surnommée "La fourmilière". Au moment de l'attaque, les soldats tombent par dizaines et leurs compagnons, épuisés, refusent d'avancer...
Autour du film : Les Sentiers de la Gloire est resté inédit en France jusqu'en 1975, sans pour autant faire l'objet d'une censure officielle. Le film dénonce en effet l'attitude des généraux français durant la Première Guerre Mondiale, avec en ligne de mire les soldats français fusillés à la suite de Conseils de guerre pour donner l'exemple ou encore les tactiques militaires qui considéraient l'armée française comme de la chair à canon.
Le long-métrage de Kubrick explique ainsi toute la cruauté et l'horreur de la guerre la plus sanguinaire qu'ait connu la France par l'attitude peu scrupuleuse des supérieurs militaires, rangés dans leurs appartements luxueux (intérieurs tournés au Château de Schleissheim en Bavière) en rupture totale grâce à un montage habile avec les tranchées sordides où des milliers de soldats sont destinés à une mort certaine. La Marseillaise qui sert ironiquement de bande-sonore au générique d'introduction malmène d'autant plus le patriotisme français.
La France a donc fermement condamné le film en 1958 alors qu'elle est déjà plongée dans le malaise de la Guerre d'Algérie qui enterre définitivement l'image de l'Armée Française après la défaite de 1940. Le Quai d'Orsay bloque la distribution du film en amont, et il ne sera pas "officiellement censuré", c'est-à-dire ne serait-ce que soumis à la Commission de censure puisque United Artists abandonnera toute exploitation du film sur notre territoire après ces pressions diplomatiques. On tentera même de forcer la Belgique à interdire elle aussi toute projection du film sur son territoire, en vain.