CARTE BLANCHE À INGRID CAVEN

Au Goethe-Institut, Paris - le mercredi 29 janvier 2014 à 20h00

20h00

PROJECTION DE MES PETITES AMOUREUSES (de JEAN EUSTACHE)

1974 / France / 123’

Dans le cadre de cette carte blanche, Ingrid Caven nous proposera une projection de Mes Petites Amoureuses de Jean Eustache, avant de revenir sur son parcours artistique entre Paris et Berlin. Cette soirée sera animée par le journaliste, écrivain, et réalisateur Thierry JOUSSE.

22H00

RENCONTRE : INGRID CAVEN & JEAN-JACQUES SCHUHL

Après la projection, Ingrid Caven et l’écrivain Jean-Jacques Schuhl échangeront devant le public, pour revenir sur la carrière de l’actrice allemande, leur rencontre et évoquer leur souvenir du réalisateur Jean Eustache, qu’ils ont tous deux bien connu.

S’ils partagent leur vie à la ville, la présence de ce couple pour animer la soirée est exceptionnelle et rarissime, notamment depuis l’attribution du Goncourt en 2000 au roman Ingrid Caven de Jean-Jacques Schuhl.

 

Dans un article pour Libération, "Jean Eustache aimait le rien" publié en 2006, Jean-Jacques Schuhl écrivait, en parlant de Jean Eustache :

« Mais il y avait un autre regard, celui qu'il avait au tournage et dont m'avait parlé Ingrid Caven qu'il avait dirigée dans Mes petites amoureuses. " Jean était là sur le plateau. On ne l'avait pas entendu venir. Il corrigeait des petits détails ici et là, presque silencieux. Regard à travers la caméra... Chuchotement à Nestor. Il semblait s'absenter, le regard s'éloignait, il nous écoutait depuis un lointain, s'abandonnant à quoi ? Nous abandonnant au ‘silence, on tourne’ de l'assistant. " Il l'avait choisie pour incarner la mère du petit garçon (lui à 13 ans) sans la connaître, pour l'avoir vue au cinéma, c'était la Paloma, elle était Viola, chanteuse d'un cabaret interlope, phtisique diaphane et pâle comme le drap où dans le temps on projetait. Sa mère était Viola. Le petit garçon voulait, face à sa mère, retrouver les sensations éprouvées devant l'écran. »

 

Née en Allemagne en 1938, Ingrid Caven fait ses débuts au cinéma en tant qu’actrice dès 1969. Elle est rapidement révélée par son ami, le réalisateur Rainer Werner Fassbinder, avec qui elle sera même mariée de 1970 à 1972. Le divorce n’entamera en rien leur riche collaboration qui durera jusqu’en 1978 (soit près de 18 films tournés sous la direction du célèbre metteur en scène allemand).

 

Cette période sera d’ailleurs l’apogée de sa carrière d’actrice et elle sera notamment en 1979 membre du Jury du Festival de Berlin. À partir des années 90, on la retrouve pour quelques apparitions à l’écran dans des films d’André Téchiné, Raoul Ruiz ou encore Claire Denis.

 

Mais la trajectoire d’Ingrid Caven ne se limite pas au 7e art : elle a été égérie pour Yves Saint-Laurent, a joué dans de nombreuses pièces de théâtre et est surtout connue en tant que chanteuse. Dans son répertoire, on retrouve autant des compositions d’Erik Satie, Pierre Henry ou John Cage que des reprises d’Edith Piaf, Charles Trenet et des Beatles, sans oublier des chansons écrites spécialement pour elle par Rainer Werner Fassbinder et l’écrivain français Jean-Jacques Schuhl.

 

Ce dernier a obtenu en 2000 le Prix Goncourt pour Ingrid Caven, roman qui revient sur le trajet de la chanteuse-comédienne, qui partage sa vie depuis plusieurs années.

INGRID CAVEN, de Berlin à Paris

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